Travailler pour les autres, travailler chez soi : le double emploi des auxiliaires de vie
Elles cumulent souvent ce qu’on appelle un double emploi : celui d’auxiliaire de vie et celui, invisible, à la maison.
“Quand je quitte une personne âgée à 19 h, je rentre chez moi pour m’occuper des enfants, du repas, du linge… En fait, je ne m’arrête jamais.”
— Mireille, auxiliaire de vie à domicile
Elles prennent soin des autres toute la journée, puis rentrent chez elles pour recommencer.
Les auxiliaires de vie cumulent souvent deux emplois : celui qu’elles exercent pour vivre, et celui qu’elles accomplissent, gratuitement, dans leur propre foyer.
Dans un secteur à 95 % féminin, cette double charge est la norme.
Et c’est elle qui rend l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle presque impossible.
Le travail des auxiliaires de vie : essentiel, mais invisible

Le mot “care”, venu de l’anglais, signifie “prendre soin”.
Dans la bouche des responsables politiques, il sonne comme un hommage.
Dans la réalité, il masque une injustice : le travail du soin repose sur les femmes, et il reste sous-payé, sous-valorisé et surexploité.
Aide à domicile, assistante maternelle, auxiliaire de vie : ces métiers permettent aux autres de vivre, de grandir, de vieillir, de travailler — mais ceux qui les exercent ne bénéficient ni de stabilité, ni de reconnaissance, ni de conditions de travail dignes de l’importance de leurs missions.
“On nous dit qu’on est formidables, qu’on a du courage, mais quand on demande une augmentation ou un temps plein, il n’y a plus personne.”
— Fatima, salariée d’une association d’aide à domicile
Ce paradoxe, les auxiliaires de vie le connaissent par cœur : elles tiennent la société à bout de bras, mais personne ne les voit.
Le double fardeau : travail du soin et travail domestique
Le déséquilibre ne s’arrête pas aux portes des domiciles où elles interviennent.

Une fois rentrées chez elles, ces femmes reprennent le relais : enfants, repas, lessive, ménage…
Et tout cela, sans salaire ni reconnaissance.
Selon l’INSEE, les femmes consacrent encore 1h30 de plus par jour que les hommes aux tâches domestiques et familiales.
Quand on cumule cette réalité à un emploi du temps déjà éclaté, le repos devient un luxe.
“Je n’ai pas de journée pour moi. Le dimanche, je range, je fais les courses, je prépare la semaine. Il n’y a jamais de vrai arrêt.”
— Sylvie, 52 ans, aide à domicile
Lire l'article sur la journée type d'une assistante de vie
Ce double emploi permanent n’est pas qu’une question d’organisation : c’est un symptôme des inégalités de genre.
Tant que les métiers du soin et du lien seront considérés comme des “vocations féminines”, ils resteront mal payés et invisibles.
L’équilibre de vie, un combat féministe
Derrière les horaires impossibles et la charge mentale, c’est la même logique : celle d’un système qui considère le temps des femmes comme infini, disponible, gratuit.
La CGT rappelle que l’égalité professionnelle ne se limite pas à l’égalité salariale.
Elle suppose aussi de repenser la façon dont le travail est organisé pour permettre enfin un véritable équilibre vie pro / vie perso :
- rémunérer le temps réellement travaillé,
- garantir un vrai temps plein choisi,
- permettre un équilibre entre vie pro et vie perso,
- reconnaître la valeur du travail du soin.
Ces combats sont aussi des combats féministes.
Ils s’inscrivent dans la continuité du 8 mars — journée internationale des droits des femmes — mais se jouent chaque jour, dans les plannings, les bulletins de paie et les trajets non payés.
“On ne demande pas des fleurs, on veut du temps et du respect.”
— Une militante CGT SAP
Redonner du temps, redonner de la dignité
Lutter pour l’équilibre de vie, c’est lutter pour la reconnaissance du temps des femmes.
C’est dire que leur travail, qu’il soit fait à domicile ou à la maison, a une valeur sociale, économique et humaine.
La CGT SAP porte cette revendication haut et fort :
Pour que ces métiers du coeur ne riment plus avec sacrifice.
Pour que les femmes du lien puissent, elles aussi, avoir du temps pour vivre.
Avec la CGT SAP, on agit pour…
- la reconnaissance du travail du soin comme un vrai travail, qualifié et essentiel ;
- des plannings compatibles avec une vraie vie personnelle ;
- la rémunération du temps réellement travaillé ;
- l’égalité professionnelle et la lutte contre les inégalités de genre ;
- des droits effectifs pour toutes les salariées du domicile.
Rejoignez-nous : https://www.cgt.fr/syndicalisation/syndiquez-vous

Vous vivez la même chose ?
Vous aussi, vos journées ne rentrent pas dans les cases ?
Vous jonglez entre travail professionnel et travail domestique sans jamais trouver de temps pour vous ?
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