Santé des femmes et réalités des salariées du particulier employeur

Sur France Inter, l’émission Grand bien vous fasse ! revenait sur un constat troublant : les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais pas forcément mieux.

En France, l’espérance de vie des femmes dépasse 85 ans. Mais leur espérance de vie en bonne santé s’arrête autour de 65 ans.

Cela signifie que beaucoup vivent près de vingt ans avec des problèmes de santé majeurs. Pour les salariées du particulier employeur, cette réalité n’est pas théorique. Elle est quotidienne.

Une médecine pensée au masculin

L’historienne Murielle Salle rappelle que la médecine a longtemps été construite sur un modèle masculin.

Résultat :

  1. les symptômes féminins sont sous-estimés,
  2. les douleurs sont minimisées,
  3. les maladies cardiovasculaires sont mal diagnostiquées,
  4. les traitements sont souvent testés principalement sur des hommes.

À situation identique aux urgences, un cas est jugé plus grave lorsqu’il concerne un homme que lorsqu’il concerne une femme.

Autrement dit : les femmes sont moins bien prises au sérieux.

Dans le secteur du domicile, une double peine

Les salariées du particulier employeur cumulent plusieurs facteurs de vulnérabilité :

  1. métiers physiquement exigeants,
  2. gestes répétitifs,
  3. port de charges,
  4. horaires morcelés,
  5. fatigue chronique,
  6. stress émotionnel.
Santé des femmes et réalités des salariées du particulier employeur

À cela s’ajoutent :

  1. des salaires bas,
  2. des retraites plus faibles,
  3. des carrières hachées,
  4. des temps partiels subis.

Quand la santé se dégrade, les ressources financières sont limitées.

Et quand on travaille seule, sans collectif, on a tendance à tenir. À reporter. À minimiser.

Vivre plus longtemps… mais avec quoi ?

L’émission rappelle un chiffre inquiétant :

l’écart de retraite entre femmes et hommes est d’environ 40 %.

Dans notre secteur, il peut être encore plus marqué.

Vivre plus longtemps avec :

  1. des douleurs chroniques,
  2. des articulations abîmées,
  3. des troubles musculo-squelettiques,
  4. une pension insuffisante,

C’est une réalité qui fragilise.

Le renoncement aux soins

Autre réalité évoquée :

les inégalités se cumulent selon les revenus, le territoire, l’origine sociale.

Ne pas être riche. Ne pas habiter près d’un centre de soins. Ne pas avoir le temps. Ne pas vouloir “embêter” son employeur en demandant un arrêt.

Dans l’emploi à domicile, s’arrêter de travailler signifie souvent :

  1. perdre des heures,
  2. désorganiser plusieurs familles,
  3. culpabiliser.

Alors on continue. Même fatiguée. Même malade.

women tired

Écouter pour mieux soigner

L’émission souligne qu’à Bayonne, la différence tient à une chose simple : les médecins prennent le temps d’écouter.

Écouter.

À la CGT, c’est aussi ce que nous faisons quand nous recueillons les témoignages des salariées du domicile.

Parce que derrière les chiffres, il y a :

  1. des douleurs invisibles,
  2. des burn-out silencieux,
  3. des corps usés prématurément.

La santé n’est pas un luxe

La santé des femmes n’est pas une question individuelle. C’est une question sociale. Dans un secteur féminisé, précaire, isolé, la prévention et la reconnaissance des risques professionnels sont essentielles.

Prendre soin des autres ne doit pas signifier s’abîmer soi-même.

  • Reconnaître la pénibilité.
  • Améliorer les salaires.
  • Garantir l’accès aux soins.
  • Protéger les carrières longues.

C’est aussi cela, défendre les salariées du particulier employeur.


Syndiquez-vous

Adhérez à la CGT SAP

Les luttes féministes se mènent partout : dans le travail, dans les salaires, dans les conditions de vie.

0 0 votes
Évaluation de l'article