Nous publions un témoignage qui reflète le grand désarroi qui traverse la profession d'assistant.e maternel.le. Crise sanitaire, difficultés avec les PMI, manque de reconnaissance, elles sont nombreuses à nous indiquer vouloir quitter la profession. A un moment où il est urgent d'attirer de jeunes professionnel.le.s dans le secteur, les obstacles se multiplient et provoquent une véritable crise de vocation. Ces difficultés sont malheureusement le quotidien de nombreux.ses autres salarié.e.s, les plus précaires toujours. La CGT a lancé une campagne pour la reconnaissance des travailleurs.euses invisibles et organisé une première manifestation en juillet dernier. Souhaitons que la crise sanitaire nous permette d'en organiser d'autres et d'en finir avec les injustices. Voir notre site pour la reconnaissance des travailleurs/travailleuses invisibles......

Témoignage

Après presque 8 mois d’invisibilité, on frôle le burn-out ! Le gouvernement, l’ARS, les services de la protection maternelle et infantile, la presse (une minorité a parlé de notre métier en plein confinement), les parents… BIEN DU MONDE, qui continue de nous ignorer !! Pourtant plus de 33 % des enfants de France bénéficient d’un accueil chaleureux, familial et bienveillant au sein du domicile d’un.e assistant.e maternel.le. C’est un coup de gueule, un coup de poing que nous souhaitons vous soumettre ! RAS LE BOL d’être malmené ! RAS LE BOL d’être oublié ! RAS LE BOL de ne pas être valorisé ! RAS LE BOL de ne pas être considéré ! C’est un dernier cri d’agonie que nous lançons.

Tout commence le 17 mars 2020, toutes les structures de la petite enfance, les sites de Protection Maternelle et Infantile ferment ainsi que les conseils départementaux. Nous, assistant.e.s maternel.le.s, nous voilà sans filet et sans protection aucune, abandonné.e.s de TOUS ! Malgré le numéro mis en place par l’État et les conseils départementaux, aucune information claire ne sera donnée car nous sommes face à des réponses incohérentes de nos interlocuteurs non formés à notre statut particulier. Nous sommes sans aucune sécurité (masques, gants, blouses, gels hydroalcooliques…), sans aucun protocole clair sur lequel s’appuyer pour faire valoir nos droits et notre santé face à certains parents manquant de bon sens, n’hésitant pas à ramener leur enfant avec de la température ou des signes évocateurs du COVID-19. Certaines de nos collègues se sont vues contracter le virus, trop sont décédées seules sur leur lit d’hôpital. D’autres refusant l’accueil, afin de protéger leur santé et celle de leurs proches, qui sont parfois reconnus comme personnes à risque, se sont fait licencier abusivement.

Nous voilà depuis la rentrée avec un protocole digne d’un milieu hospitalier, avec des protections à nos frais, des factures d’énergie et d’eau qui ont doublé mais un salaire et des frais d’entretien qui eux n’ont pas bougé. La mise en place d’une aide type chèque énergie aurait pu être d’une grande aide pour les assistant.e.s maternel.le.s. Mais cela nous a été refusé ainsi que la prime pour toutes celles et ceux qui ont continué d’accueillir et d’également contribuer à l’effort collectif au service de la France. Ce qui fut incompréhensible. Le coup de grâce avec un chômage partiel à 80 % pour les assistant.e.s maternel.le.s alors que les autres salariés de France ont pu bénéficier de leur salaire à 84 % a eu du mal à passer ! Balayant au passage l’article 14 de la convention collective des assistantes maternelles ! Aujourd’hui nombreux et nombreuses se retrouvent face au COVID-19, parents positifs ou cas contact qui n’hésitent pas à nous ramener leur enfant. Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Aucun texte, à ce jour ne dit que nous ne pouvons pas accueillir un enfant cas contact de son parent ou positif au COVID-19 (pas de test PCR effectué sur les enfants de moins de 6 ans considérés comme non vecteurs du virus). Nous avons contacté l’ARS et la PMI qui se renvoient la balle en nous disant que nous n’avons pas le droit de refuser l’accueil d’un enfant tant qu’un parent n'a pas le bon sens de le garder. En prime on nous affirme qu’une assistante maternelle n’est pas cas contact et donc n'a pas l’utilité de faire un test PCR ! De plus aucun texte ne protège nos salaires, un parent en arrêt maladie peut nous décompter notre salaire sous présentation dans les 48 h d’un certificat médical, alors que celui-ci sera payé à 100 % par son employeur ou cpam, touchera la totalité de sa CMG (complément de mode de garde par la CAF) et son crédit d’impôt. Imaginer qu’un.e assistant.e maternel.le avec un agrément de 4 enfants se voit retirer les 4 enfants qui se sont contaminés, en arrêt maladie, celle-ci perd la majorité de son salaire sans aucune aide alors qu’un salarié lambda bénéficie d’une aide ou d’un maintien de salaire de l’état. Le combat n’est pas seulement contre le COVID-19 mais également contre les inégalités sociales et salariales dont sont victimes les travailleurs du particulier employeur !

AIDEZ NOUS A SORTIR DE L’OMBRE EN DIFFUSANT MASSIVEMENT CE CRI DU CŒUR !

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