Comment prévenir les conflits si l’accueil des enfants n’est plus possible en cas de fortes chaleurs
En cas de non-accueil de l'enfant pendant un épisode de forte chaleur : comment sécuriser sa situation ?
Lorsque les températures deviennent telles que, malgré toutes les mesures de prévention mises en œuvre, les conditions d'accueil ne permettent plus de garantir la santé et la sécurité de l'enfant, l'assistant maternel peut être conduit à suspendre temporairement l'accueil. Dans cette situation exceptionnelle, il est essentiel d'agir avec méthode afin de limiter tout risque de contestation ultérieure.
Avant toute décision, il est recommandé d'évaluer objectivement les conditions d'accueil : relever la température du logement, conserver les bulletins de vigilance de Météo-France, prendre des photographies si nécessaire et vérifier que toutes les solutions permettant de rafraîchir les lieux ont bien été mises en œuvre (volets fermés, ventilation, hydratation, recherche éventuelle d'un lieu rafraîchi, adaptation des activités…). Ces éléments permettront de démontrer que la décision repose sur des faits concrets et non sur une simple appréciation subjective.
Le dialogue avec le parent employeur est également primordial. Il est conseillé de l'informer sans délai, de préférence par écrit (SMS, courriel…), en expliquant les difficultés rencontrées, les mesures déjà prises et les raisons pour lesquelles elles ne suffisent plus à garantir la sécurité de l'enfant. Le document ministériel rappelle d'ailleurs que l'assistant maternel et le parent employeur doivent rechercher ensemble les adaptations permettant, lorsque cela est possible, de maintenir l'accueil dans des conditions satisfaisantes.
En cas de doute, il peut être utile de solliciter l'avis de la Protection maternelle et infantile (PMI) ou du Relais Petite Enfance (RPE). Même si cette démarche n'est pas obligatoire, elle témoigne de la volonté de l'assistant maternel d'agir avec prudence et dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
Enfin, il est fortement recommandé de conserver l'ensemble des justificatifs : échanges avec les parents, relevés de température, captures d'écran de la vigilance météorologique, photographies et, le cas échéant, avis de la PMI. Ce dossier constituera un élément précieux en cas de désaccord ultérieur.
S'agissant de la rémunération, la question demeure juridiquement sensible. Le document ministériel renvoie aux dispositions de l'article 105 de la convention collective des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile. Celui-ci prévoit notamment que certaines absences de l'enfant peuvent entraîner une retenue de salaire lorsqu'elles sont justifiées par un certificat médical ou une hospitalisation. En dehors de ces hypothèses, le document laisse entendre que la suspension de l'accueil décidée pour préserver la santé et la sécurité de l'enfant ne devrait pas, à elle seule, priver l'assistant maternel de sa rémunération. Cette interprétation reste toutefois susceptible d'être discutée tant qu'aucune jurisprudence n'est venue la confirmer.
En pratique, la meilleure protection de l'assistant maternel repose sur trois principes simples : anticiper, dialoguer et conserver des preuves. Une décision motivée, concertée et soigneusement documentée sera toujours plus facile à défendre si un contentieux devait survenir.

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